Toi et Moi et notre camping-car

Nous venons d’acheter un camping-car pour parcourir le Canada d’est en ouest. Nous allons vous décrire notre expérience, en espérant que ce récit aidera d’autres personnes à partir en road-trip au Canada ou ailleurs.

La recherche du camping-car

Pour pouvoir acheter un camping-car, il faut d’abord faire une recherche pour savoir ce qu’on veut ; la taille, le modèle, le budget…
Avant même de partir au Canada, nous avions scrutés les petites annonces de vente de véhicules récréatifs (VR) sur kijiji.ca, le « boncoin » local, et sur les annonces de Facebook.

Nous nous étions décidés pour chercher un camping-car classe C, entre 23 et 27 pieds. Nos seuls impératifs étaient qu’on le voulait sans extension (slide-out), mais avec un auvent. Notre budget de départ était de 10.000 $CA, mais nous pouvions monter jusqu’à 20.000 $CA selon l’état du véhicule.

Les visites

Arrivés à Montréal en février, on a regardé les annonces plus sérieusement, en demandant des visites. Malheureusement, en plein hiver, les annonces n’étaient pas nombreuses.

camping-car

Nous avons visité 6 camping-cars avant de trouver le nôtre.

  • Le premier était trop grand, 27 pieds. Nous avons donc revu notre critère de taille de 22 à 25 pieds.
  • Le second était bien même s’il était dans la fourchette max de notre budget. La neige étant abondante, les propriétaires ne pouvaient pas le déplacer donc on ne pouvait pas le faire inspecter. On ne voulait pas prendre le risque d’acheter sans inspection et on ne voulait pas attendre que la neige fonde.
  • Le troisième était très bien, mais un peu cher pour son état donc nous avons préférés continuer les recherches.
  • Le quatrième était plus cher et en plus mauvais état que le troisième.
acheter un camping-car

Un peu dépité, par le peu d’offres qu’il y avait, on a décidé d’attendre la fin de l’hiver. On est donc parti voyager dans les autres villes, Québec, Ottawa et Toronto. On a fait une pause sur nos recherches même si on gardait un œil sur les offres. À notre retour à Montréal fin mars, il y avait déjà plus de choix.

  • Pour le cinquième, on vous en parle un peu plus bas dans le « Premier essai ».
  • Le sixième était un VR poubelle. Il avait une énorme infiltration d’eau avec le toit qui s’écroulait et il ne démarrait même pas.
  • Le septième sera le bon. 🙂

Premier essai…

Nous avons failli acheter le cinquième camping-car. C’était un classe C de 24 pieds datant de 1987 vendu au prix raisonnable de 6900$CA. Nous avons entamé le processus d’achat en laissant un dépôt de 250$CA pour réserver le VR, le temps de faire l’inspection.

Celui-ci n’étant pas immatriculé*, nous ne pouvions pas l’emmener dans un garage pour l’inspection. Nous avons dû faire venir un inspecteur sur place. Nous avons payé 460$CA avec taxes pour cette inspection qui s’est révélée très utile. Il y avait de gros problème d’infiltrations d’eau et le frigidaire ne fonctionnait pas bien. Nous avons donc décidé de ne pas l’acheter.

Très déçu de cette expérience, on voulait rebondir directement. On a profité d’avoir une voiture de location pour visiter d’autres camping-cars dans la journée, quitte à re-revoir nos critères de tailles.

Dans l’après-midi, nous visitions notre septième camping-car de 26 pieds… Et c’était le bon !

Septieme Camping-car

Points à vérifier avant d’acheter un camping-car

Nous sommes complètement novices du camping-car. Il a fallu qu’on apprenne toute la « théorie » sur le tas en visitant les VR. Voici une liste non-exhaustive des points à vérifier, si possible :

  • Vérifier l’ensemble des parois et du toit si il n’y a pas eu d’infiltrations d’eau en tapotant sur toutes les surfaces. Si c’est gondolé, il y a forcément eu un dégât, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.
  • S’assurer que tous les appareils (pompe, four, frigidaire, gazinière, chauffe-eau, chasse d’eau…) fonctionnent que ce soit au propane (gaz), à l’électricité sur 12v et 110v.
  • Regarder l’état des joints dans la salle de bain et de la cuisine.
  • Inspecter l’état des joints intérieur et extérieur de toutes les fenêtres, vérifier les moustiquaires et que les fenêtres s’ouvrent correctement.
  • Monter sur le toit et constater son état général
  • Ne pas hésiter à essayer les appareils, soulever les matelas, ouvrir tous les placards, etc.

Démarches pré-achat

Au Canada, il n’y a pas de contrôle technique, comme en France, qui permet d’avoir une preuve que le véhicule est en bon état quand on l’achète.

Il faut organiser soit même une inspection dans un garage pour connaître l’état réel du véhicule. Ça permet aussi de savoir le montant total des réparations, si on décide d’acheter un camping-car. Et, ainsi, avoir un moyen de négociation supplémentaire.

Septieme Camping-car

Avant d’acheter un camping-car au Canada, vous pouvez aussi demander au vendeur s’il a un « Car Proof« , un rapport sur l’historique du véhicule. Vous pouvez sinon le demander sur internet pour environ 30$CA. Celui-ci permet de retracer toute la vie du véhicule et donc savoir s’il a été accidenté ou déclaré épave.

Au Québec, vous avez aussi la possibilité pour 3$CA de consulter sur internet le Registre des Droits Personnels et Réels Mobiliers (RDPRM) qui vous permet de savoir si le véhicule que vous souhaitez acheter est endetté ou hypothéqué.

L’achat de notre camping-car

Nous avons donc visité un septième camping-car qui nous a beaucoup plu. Trois jours plus tard, nous l’emmenions pour une inspection complète chez un garagiste spécialisé : Mécanique St-Jean à St-Jean-sur-Richelieu, qu’on recommande vivement.

L’inspection n’a révélé aucun problème avec le camping-car au niveau habitacle, mais des réparations étaient à faire sur le bloc de direction, entre autres.

Nous avons acheté un Ford Tioga, classe C de 26 pieds, qui date de 1990 avec 220 000 kilomètres au compteur, pour 7500$CA au lieu de 9800$CA (prix demandé).

acheter un camping-car

Les démarches pour acheter un camping-car

La banque

Une fois l’inspection passée et le prix fixé, la prochaine étape était d’aller à la banque pour demander une Traite. Ça correspond au Chèque de Banque qu’on trouve en France. La banque émet un chèque en prélevant directement le compte pour s’assurer que le paiement est possible. Ce service coûte 7.50$CA et c’est, d’après ce qu’on a compris, la solution la moins chère pour faire un paiement certifié au Québec.

La Société de l’assurance automobile du Québec

Au Québec, après avoir acheté un véhicule, il faut se rendre dans un bureau de la SAAQ (Société de l’assurance automobile du Québec) en compagnie du vendeur, pour transférer la propriété et immatriculer le véhicule à son nom. À la SAAQ, en plus de payer l’immatriculation, il faut payer des taxes. Elles sont d’environ 10 % du prix d’achat du véhicule, mais il est possible de magouiller avec le vendeur pour dire qu’on lui a payé moins cher (dans la limite du raisonnable) pour payer moins de taxe.

Septieme Camping-car
Véhicule de plus de 25 ans

Il y a eu une petite particularité dans notre cas, car nous avons acheté un véhicule de plus de 25 ans. Avant d’aller à la SAAQ, nous devions faire certifier la valeur du véhicule par un expert. C’est une démarche supplémentaire qui coûte quelques centaines de dollars. Une fois la valeur certifiée, il faut payer les taxes à la SAAQ sur la valeur la plus haute entre la valeur certifiée et le prix d’achat.

Grâce au vendeur de notre camping-car, nous avons pu contourner ce système. Nous avons fait comme-ci nous avions acheté le véhicule à un garage/concessionnaire (un de ses amis) qui se porte garant de la certification sur la valeur du véhicule. Il a estimé le véhicule à 1200$CA pour nous éviter de payer trop de taxes, mais que le prix reste crédible aux yeux de la SAAQ. Le véhicule avait été certifié à 22 000$CA deux ans auparavant par un véritable expert. Nous avons donc payé 120$CA de taxes et 150$CA au garagiste pour la démarche.

motorise VR camping-car

Ensuite, avec le papier qui certifie la valeur du véhicule et qui prouve que nous avons déjà payé les taxes sur l’achat, nous sommes allés à la SAAQ pour faire immatriculer le véhicule au nom du nouvel acheteur, Pierre-Adrien. Le prix de l’immatriculation varie selon la catégorie du véhicule, son poids, son âge, et votre lieu de résidence. Une année d’immatriculation nous coûte 464$CA.

*Ici au Canada, l’immatriculation d’un véhicule se paye tous les ans et il est possible de « déplaqué » un véhicule quand on ne s’en sert pas pour avoir moins de frais.

Après l’achat du camping-car

Réparations et améliorations

Après avoir acheté notre VR et fait toutes les démarches pour l’immatriculation, nous l’avons laissé dans le même garage qui l’a inspecté. Le garagiste va nous faire toutes les réparations nécessaires pour qu’on puisse prendre la route sereinement. Nous lui avons aussi demandé de refaire les joints de l’habitation et le scellant du toit pour nous protéger des infiltrations pour la saison.

Afin d’être encore plus autonome sur la route et en bivouac, le garagiste va nous installer un onduleur (qui permet de transformer le courant 12v en 110v) et 3 batteries accessoires neuves pour que nous puissions brancher nos appareils électroniques sans être branchés dans un camping.

Camping-car Tioga

L’assurance du camping-car

Nous nous étions renseigné sur les assurances avant même le départ, et nous savions chez qui nous pourrions demander à être assuré en tant que non-canadiens, non-résidents. Comme le véhicule a plus de 25 ans, nous avons l’assurance minimum qui couvre notre responsabilité civile en cas d’accident. Nous sommes assurés chez Leclerc Assurances, un courtier en assurance du Québec, pour 650$CA pour un an.

Le permis de conduire québécois

Ce n’est pas obligatoire de prendre le permis de conduire québécois, surtout si on compte rester au Québec moins de 6 mois. Il y a des accords entre la France et le Québec pour les permis. Nous avions tout de même fait la demande pour avoir le permis de conduire international avant de partir, pour l’après-Québec, au cas où.

L’assurance nous a demandé de prendre le permis de conduire du Québec donc Pierre-Adrien a fait les démarches pour changer son permis.

Il faut appeler la SAAQ pour prendre rendez-vous et connaître la liste des documents nécessaires. Lorsque nous avons appelé, il n’y avait pas de RDV possible à Montréal avant mi-mai. On ne voulait pas attendre donc P-A a pris un RDV dans une autre ville, à Sherbrooke.

Ils lui ont demandé d’apporter son permis de conduire français, son permis de travail, une preuve de son adresse au Canada (facture de téléphone) et une pièce d’identité (passeport).

Comme pour l’immatriculation, le permis de conduire se repaye tous les ans. Là, il a payé 47$CA.

Normalement, c’est un échange de permis, ils prennent le permis français à la place du permis québécois. Pierre-Adrien était un peu frustré de perdre son permis français. Finalement, ils lui ont rendu donc il a maintenant deux permis. Et en prime, il a une carte d’identification canadienne, car le permis sert de carte d’identité. 🙂

One thought to “Acheter un camping-car au Canada”

  • Nadine Heurtaux

    Bonne aventure les jeunes avec votre super camping-car. Merci pour toutes les infos. Bravo pour votre « débrouillardise ».

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